Il n'existe pas de liste magique de produits à revendre. Ou plutôt : toutes les listes qui circulent sur le sujet ont six mois de retard, parce que dès qu'une catégorie est identifiée publiquement comme "rentable", elle se retrouve envahie de vendeurs et les marges s'effondrent.
Ce qui existe en revanche, c'est une façon de réfléchir à la question qui reste valable quelle que soit la période.
Les trois variables qui comptent
Avant de chercher quoi revendre, posez-vous trois questions sur chaque catégorie que vous envisagez.
La marge : qu'est-ce que vous pouvez acheter bas et vendre haut ?
Ce n'est pas que le prix d'achat. C'est le prix d'achat plus le temps passé à nettoyer, photographier, lister, emballer, envoyer, gérer les questions et les retours. Un article à 20 € acheté 5 € est moins rentable qu'il n'y paraît si ça vous prend deux heures de votre soirée.
L'effort : à quelle dose de travail êtes-vous prêt ?
Il y a des niches qui demandent de l'expertise (jeux vidéo rétro, montres, vinyles), d'autres qui sont plus mécaniques (vêtements de marque en lots, matériel scolaire d'occasion). Si vous débutez, une catégorie mécanique où les erreurs coûtent moins cher est plus prudente.
L'approvisionnement : d'où vient le stock ?
Vider votre appartement, c'est fini à un moment. La vraie question c'est : avez-vous accès régulièrement à de la marchandise ? Vide-greniers, brocantes, autres revendeurs, surplus d'entreprise — le sourcing, c'est souvent ce qui fait la différence entre quelqu'un qui revend épisodiquement et quelqu'un qui en vit.
Ce qui marche en ce moment
Le textile de marque reste un pilier. Vinted a banalisé la revente de vêtements au point que presque tout le monde y a un compte. La demande est là, le volume est là. Le problème : la concurrence aussi. Vous devez vous différencier par la qualité des photos, la précision des descriptions et le niveau de vos prix.
L'électronique d'occasion se vend bien, surtout les smartphones et les consoles. Les marges peuvent être correctes mais le risque de retours est plus élevé : un acheteur qui reçoit un téléphone avec un défaut non déclaré, c'est une dispute garantie. Soyez exhaustifs sur l'état.
Le jouet et le jeu de société : marché plus de niche mais avec des pépites. Les jeux de société épuisés, certains Lego, les jouets vintage de marque — les prix sur eBay peuvent surprendre. Ça demande de s'y connaître un peu, mais c'est moins concurrentiel.
Le matériel sportif d'occasion : en hausse depuis quelques années. Les gens achètent des équipements pour des activités qu'ils testent, abandonnent, et revendent. Vélos, raquettes, matériel de yoga, skis — les opportunités existent. Les problèmes d'expédition (encombrant, lourd) peuvent rogner la marge.
Ce qui ne marche presque jamais
Les produits sans marque identifiable. Un article abîmé présenté comme "vintage" à prix fort. La catégorie que vous ne connaissez pas : acheter des montres pour les revendre sans s'y connaître, c'est s'exposer à racheter des contrefaçons ou à rater des pièces de valeur.
La vraie question sous-jacente
Ce que j'observe chez les revendeurs qui s'en sortent le mieux : ils ont choisi une catégorie qu'ils connaissent déjà par intérêt ou par métier, pas celle qui avait l'air la plus rentable sur un article de blog.
Un passionné de tennis qui revend des raquettes d'occasion connaît les marques, sait reconnaître l'état des cordages, comprend ce que cherchent les acheteurs. Il a un avantage sur quelqu'un qui se lance sans contexte juste parce qu'il a lu que "le sport se vend bien". Choisissez une catégorie où vous avez une longueur d'avance naturelle. C'est ce qui dure.